NI POUR NI CONTRE BIEN AU CONTRAIRE de C. KLAPISCH

En présence de Cedric Klapisch, Marie Gilain, Zinedine Soualem et Dimitri Storoge
  
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 genre: policier (Production: )   Durée: 1h41  Sortie 5 mars 2003


Haut les mains.

  Caty, une jeune fille de 26 ans, travaille depuis quelques années comme caméraman pour le journal télévisé. Elle fait bientôt la rencontre d'une bande de malfrats qui ont besoin de quelqu'un pour filmer leur prochain braquage. Elle accepte leur proposition et découvre la vie de ces charismatiques gangsters. Tentée par leur vie de pacha, Caty devient leur complice, quitte à risquer la prison. Elle accepte même de participer à un dernier gros coup avec la bande : l'attaque d'un dépôt de transfert oû sont garés des fourgons blindés remplis d'argent. Caty aura pour mission de séduire le patron du dépôt.



Anecdotes : pour écrire le scénario, Cédric Klapisch s'est octroyé l'aide de Frank Henry, braqueur multirécidiviste. Ce dernier a été de nouveau condamné à 8 ans de réclusion en avril 2003 malgré le témoignage de Klapisch lors du procès: "Frank Henry possède un talent phénoméénal de scénariste, de raconteur d'histoires. Dans le travail, c'est quelqu'un de bien, de très honnête."

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INTERVIEW DE MARIE GILLAIN & SIMON ABKARIAN
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Cinéphoto: "Le personnage que vous incarnez à l'écran est très blanc au début, très noir à la fin... Comment l'avez-vous construit ?

Marie Gillain : A la base, c'est dans l'écriture du scénario que mon personnage est assez nuancé. Après, on a travaillé avec Cédric [Klapisch] pour justement lui donner au départ quelque chose d'assez passif. Ca en fait quelqu'un qui est pas vraiment révélé à elle-même. Dans son univers professionnel, elle est complètement effacée, voire même un peu masculine : elle n'a pas du tout conscience de sa féminité, ça n'est pas son principal souci. Puis elle va rencontrer ces gangsters et va être révélée. Elle va trouver sa place, dans un premier temps et va se sentir vibrer, exister. Il y avait donc plusieurs étapes : celle du début, puis le glissement du personnage dans quelque chose de beaucoup plus individualiste.
En fait, on a travaillé toutes sortes de choses un peu annexes, comme la démarche... Mais Cédric était assez pointu dans sa direction d'acteur, le travail s'est donc fait également sur la cohésion dans le groupe. Hormis ça, je crois qu'on avait envie tous les deux d'aller vers une noirceur, et c'est lui qui de façon très nuancée m'y amenait.

- Justement, comment trouve-t-on sa place dans un univers d'homme, aussi bien dans le tournage que dans cette histoire ?

M.G : C'est vrai qu'au début j'avais peur... mais je crois que c'est flatteur pour n'importe quelle fille qui a vécu dans un groupe de mecs : on est la seule fille, il n'y a pas vraiment de compétition.

Simon Abkarian : Moi je pense qu'il n'y a pas eu de problèmes. C'est vrai que des clivages existent entre le peuple des hommes et le peuple des femmes depuis la nuit des temps. Mais surtout parce que c'est un film de Cédric, il y a eu beaucoup de légèreté - je parle sur le groupe des acteurs - qui sait aussi calquer le groupe des personnages. Le problème n'était pas d'intégrer une femme, c'était... énormément de travail sur moi-même, beaucoup. Normalement, Marie devrait voir les menottes attachées aux mains (Rires). Blague à part, d'abord nous somme des acteurs. On a une chose à jouer, à incarner, et l'important c'était de constituer un groupe. Et le problème ne se pose pas seulement pour la femme, mais aussi pour quelqu'un qui est beaucoup plus jeune, pour un arabe qui veut s'intégrer... Parce que ce sont tous des minorités, qui font à un moment donné un groupe fort. C'est vrai que la minorité la plus marquée, c'est la femme. Mais c'était très agréable...

M.G : Puis on a bien rit.

S. A.: Oui, on était écroulé de rire.

- Le personnage de Cathy n'est il pas aussi l'oeil extérieur sur ce milieu de truands, aussi bien votre oeil de caméraman dans l'histoire, mais aussi le vôtre, candide et
naïf qui arrive là ?


M.G : J'étais un peu comme elle, hallucinée. Comme quand on était à Cannes et qu'ils ont essayé leurs slips de bain remontés jusqu'aux nombrils et leurs tongues...
C'était un grand moment pour moi, j'ai beaucoup appris (Rires). Mais il faut être plus sérieuse...

- Votre personnage de Cathy tombe dans une spirale infernale. Est-ce que l'élève dépasse le maître ?

M.G : Au départ, elle a l'illusion qu'on a vraiment besoin d'elle et qu'on l'aime dans ce groupe, puis en fait, elle se rend compte quand il est trop tard qu'elle est utilisée, et effectivement, quand elle a compris que son ambition, sa façon d'exister, c'était le rapport à l'argent et l'appât du gain, c'est vrai qu'elle se détache et devient très individualiste, et tout ce glissement est accompagné par le résultat qu'engendre la tentation. Cet espèce de regard vide. D'ailleurs, il y a presque un parallèle entre le regard vide du personnage de Vincent Elbaz au début du film et le regard vide de Cathy après le casse. Elle perd tout contact avec les autres, et ce sont les dégâts peuvent causer le choix qu'elle a fait. A un moment donné, rien ne l'arrête. Elle est entraînée dans une spirale d'avidité ; elle était passive, elle devient avide.

- Simon Abkarian, vous êtes très fort dans le film : un macho, un dur. Pourquoi avoir choisi d'incarner un tel personnage ?

S.A : A la lecture, il se passe des choses, et tout à coup, quand on se met à jouer, il se passe autre chose. Par exemple, la scène où je dis à ma femme "va chercher des bières, "... je ne savais pas que j'allais faire ça. Mais vu l'écriture qu'il y a eu sur ce personnage, c'était ça qu'il fallait jouer je pense, entre autres. C'est à dire ce rapport très raciste avec sa femme, et en même temps il dépense des fortunes pour aller se faire des prostituées de luxe. Et c'est ça le summum de leur quête !
C'est d'avoir des femmes dans leurs lits dans les plus beaux hôtels. Et c'est très aléatoire, ça retombe très vite. Mais la relation qu'ils ont avec leurs femmes... eh bien, leurs femmes, elles viennent au parloir. C'est fait pour ça les femmes. Elles s'occupent de l'avocat, et de temps en temps, quand elles en ont marre, elles les balancent.

- Vous n'avez pas été surpris par la gravité du sujet ? Ce n'est pas un sujet moral du tout ...

S.A : Mais je ne sais pas ce que c'est qu'un sujet moral. En même temps, c'est un aspect de la société qui existe. On peut pas y échapper. On m'a posé une question tout à l'heure : est-ce que vous n'avez pas peur que les jeunes etc... non, j'ai pas peur de ça. C'est à dire que, nous, en tant qu'artistes, on doit garder la légèreté, le jeu mais on a pas de mission à accomplir - quoique, l'artiste a une mission à accomplir mais - là on l'a fait avec beaucoup de plaisir. Et surtout, ce film représente un aspect de la société, qui est souvent occulté ou alors magnifié : on voit des films de gangsters, souvent, où c'est super d'être gangster... Et dans le film, c'est pas super. C'est glauque d'être gangster.
Quand je vois Le deuxième souffle, ça me fascine, mais cinématographiquement : la forme de narration qu'il a utilisé, la manière de poser la caméra, comment on rentre dans un monde secret... Mais quand ça devient quelque chose de trop facile, de dégainer une arme, de tuer quelqu'un... C'est pas quelque chose de facile à faire je pense ; c'est pour ça qu'il y a un maximum de gens qui sont pas des meurtriers, et heureusement.

M.G : C'est vrai que c'est souvent complètement banalisé, ou totalement idéalisé.

Propos recueillis par Houmann Reissi et Olivier Bruaux www.cinephoto.net TM
Transcription Houmann Reissi